Krieghoff

 

Je suis assis, nonchalamment, à une table du Krieghoff, à lire le VOIR. Section cinéma. Tiens! Robert Lepage se prépare à tourner un autre film à Québec. Intéressant! Ça commençait à faire un bout qu’il n’avait pas tourné dans la ville depuis Le Polygraphe Je saute le calendrier des spectacles, la partie resto, et j’arrive à la fin du journal. Je m’adosse à nouveau, reprenant une position plus confortable. Une fois de plus, car c’est mon habitude, mon regard panoramique embrasse ce décor caractéristique du café, qui épouse encore aujourd’hui, la géométrie de cette ancienne résidence privée donc toutes ces petites pièces maintenant réunies dont on devine encore chacune sa cloison J’admire, toujours avec la même fascination, cesboiseries celles où je suis assis devaient enjoliver sans doute, à l’époque, la chambre des maîtres; elle est plus grande que les autres, mais ce n’est pas le salon, ni la salle à dîner. Il est même facile de s’imaginer, laissant voguer quelques secondes son imagination, ceux-ci étendus dans le grand lit par ce bel après-midi de fraîche pénombre, dans la tenue la plus confortable qu’ils puissent avoir adoptée pour l'occasion : la nudité totale mais le bruit de va et vient qui sourd, me ramène quand même à l’instant présent

Et c’est à cet instant d’émergence de ma doucereuse rêverie que je prends conscience de mon entourage De cet après-midi tranquille, où l'endroit est presque désert, de sorte que les tables à côté de la mienne sont vides. Il n'y a personne...d'autant qu'il fait un temps radieux en ce début juillet, sur la terrasse que les clients ont préférée à l'intérieur plus frais du café.

Je n'avais pas encore remarqué la fille assise à la table, juste en face de moi qui sirote un café, comme moi d’ailleurs. J’ai comme une soudaine impression que m’observant, elle a suivi mon regard, quelle a appréciée la même beauté des boiseries et quelle a lu mes pensées ce couple étendu, enlacé, juste là à ma droite, à côté d’où devait être la table de nuit. Je ne l'avais pas encore remarquée, cette belle brune, cheveux raides mi-longs, épais, au visage sans fard, à l'allure un peu hippie ou grano. Pourtant ça fait déjà un moment que je déguste mon café en lisant le journal.

Ah! Mais c’est çà, je sentais, inconsciemment un regard sur moi...lentement je lève les yeux, nos regards se croisent, distraitement. Mais je sens une certaine insistance...Nos yeux se rencontrent à nouveaux et s'arrêtent et se scrutent une fraction de seconde...Ayant pris conscience que nous sommes seuls, dans cette pièce, en fait cette chambre, ses yeux, balaient maintenant les boiseries, exactement selon la même séquence que celle que j’ai adoptée tout à l’heure pendant qu’un presque imperceptible sourire apparaît, moqueur, sur ses lèvres à leur naturel.

Un discret sourire lui retourne sa gentillesse...pendant que mes yeux
s’attardent sur ce couple fiévreux, qui se caresse, maintenant entrelacé, sur ce lit que j’imagine paradisiaque là là!juste là! je peux le toucher de ma main droite!

Et pendant que nos regards se croisent de plus en plus souvent, soudain je m'aperçois qu'à chaque fois que nos yeux se rencontrent avec de plus en plus d'insistance, elle bouge, presque imperceptiblement...Son léger pivotement répété finit par faire dévier mon regard vers le bas...Une petite jupe de coton , en fait un paréo paré de couleurs vives, enveloppe sa petite taille et recouvre discrètement ses cuisses.

Visiblement satisfaite de mon regard, elle exerce encore, à cette occasion, un léger mouvement...je m'aperçois alors qu'elle écarte
presque imperceptiblement son genou droit...Alors un échange triangulaire s'installe entre nous. Un regard insistant dans ses grands yeux noirs, mon regard qui balaie maintenant tout à fait impudiquement son nez, sa bouche rouge et charnue, son cou à la peau basanée, son chandail de coton un peu relâché qui laisse place à imaginer la grosseur et la forme de ses seins, quoi qu'un mamelon semble poindre du sein gauche, laissant supposer l'absence de soutien-gorge; et en dessous de la table, encore un léger mouvement en alternance, maintenant du genou gauche, puis droit, un regard, mes yeux qui descendent, un genou, un regard, mes yeux, un genou...

Tant et si bien qu'après avoir compris maintenant le jeu, je sens une
excitation m'envahir et gonfler mon pantalon. Je peux maintenant percevoir la douce peau cuivrée de ses cuisses. Mon regard a maintenant brisé la séquence pour se concentrer sur ses cuisses qui s'écartent maintenant dans un mouvement continu, si bien que dans quelques instants, puisqu'elle a maintenant ralenti le rythme, je serai à même d'apprécier ses petites culottes que j'imagine déjà, étroites, serrées, moulantes, qui épousent le galbe de son sexe sans doute en plein éveil...

Ma main droite machinalement, laisse l'anse de ma tasse de café, quitte le dessus de la table pour aboutir sous la table où par dessus le tissu cotonneux, elle explore de bas en haut, le renflement longitudinal de mon sexe maintenant gonflé de désir, avant d'arriver à une extrémité particulièrement fiévreuse, à la sensibilité, émoustillée, exacerbée, qui me force à fermer quelques fractions de secondes, les yeux...pour mon plus grand plaisir et aussi pour le plus grand ravissement de ma vis à vis qui a maintenant, elle aussi, le regard fixé sur le dessous de ma table

Ces regards fixés et soutenus sur nos entre jambes ont duré 5 secondes, 5 minutes Les délices de l'excitation sont intemporels... Graduellement, je retrouve son regard maintenant langoureux, nos yeux se pénètrent, sur le bord de l'extase, c'est à ce moment que je perçois un geste un peu plus brusque que les autres.
Mon regard descend alors directement sur son entre-cuisses qui me révèle maintenant non pas un slip, mes un duvet noir, soyeux Je peux même deviner ses lèvres rouges mon plaisir est soudainement si intense que je sens un liquide monter lentement tout le long de mon sexe soudain, elle referme brusquement ses jambes , se hausse sur sa banquette et reprend sa tasse de café. Nous ne sommes plus seuls dans la chambre! Ou plutôt dans la pièce ou plutôt dans le café!

Un couple que je n'avais même pas remarqué vient d’entrer et est en train de s'installer à la table à côté de la mienne Sils savaient qu’ils sont en compagnie dune femme maintenant à cheval sur un homme et dont les déhanchements sont ponctués de petits gémissements de plaisir auxquels l’homme répond, en cadence, par d’énergiques coups de reins et des caresses aux fesses, aux seins sils savaient qu’ils sont d’ailleurs tout proches du lit!!

La suite Vous savez que les toilettes du Krieghoff sont situées au sous sol et "asexuées" a suivre...