Un dernier appel téléphonique avant la fin des vacances.


Un numéro. Un numéro de sept chiffres. Et un prénom, Marsha. C'est tout
ce qui me reste de hier soir... Un petit bout de papier sur lequel j'ai
gribouillé les coordonnées de cette créature, preuve ultime que je n'ai pas rêvé.
L'annonce disait: « Tous vos fantasmes se réaliseront... Aucunes
limites... Attention... » Oui, je pense que c'était bien ce que disait
l'affiche 3D à l'entrée du bar. Ou bien, c'était cette annonce dans la
revue que j'avais trouvé dans ce petit restaurant sur Sainte-Catherine.
Ce bar fut une révélation. Lorsque je me suis retourné pour avoir une vue
d'ensemble de l'endroit, la vision de cette créature m'a figé sur place.
Sa silhouette élancée dépassait d'une tête tout ceux qui l'entouraient. Sa
crinière orangée glissait le long de son dos jusqu'à ses fesses, puis
tombait sur ses chevilles. Ses yeux oblongs vermeils fouillaient
l'endroit à la recherche d'une proie. C'est deux seins dénudés qui pointaient
droit devant elle éblouissaient la salle.
Son regard s'est attardé sur moi que quelques secondes, sa langue mielleuse
a léchée ses crocs et s'est attardée sur la commissure de sa lèvre
supérieure. Tout à coup, les laseroscopes ont inondés la salle. Je l'ai
perdu de vue.
Soudain, elle est là, devant moi. Ce félin d'Antares ce déhanche tout en
suivant le rythme effréné de la musique. La créature m'a choisi, moi, et
elle danse cette chorégraphie si mortelle pour le pauvre cour des humains.
Mon corps s'anime contre ma volonté, pour se confondre dans la musique du
groupe des Cydertroniques Catalysants. Je suis les mouvements langoureux
et provocants de cette chatte humanoïde. Une fumée opiacée envahit la piste
de danse, mes sens sont complètement saturés par la musique, les lumières et l'opium.
La musique devient frénétique, endiablée. Les laseroscopes s'enragent.
Tout deux, enlacés, la créature jubile. Sous l'effet de ses phéromones,
je perds tout sens d'humanité. Qu'importe la populace autour de nous. Les
doigts aux griffes rétractables sortent leurs serres mortelles et déchirent
mes vêtements. Lentement, avec délicatesse, les ongles guerriers trouvent
le chemin de mes jouissances inassouvies de mâle. Je me colle contre elle
au même rythme que la musique. Ses griffes me labourent le dos.
vigoureusement, une douleur me prends au bas ventre, elle prends mon sexe
entre ses serres, mais avant qu'elle ne puisse réagir, je me dégage et je
me glisse derrière elle. Elle continu de me caresser en se contorsionnant
avec tellement d'avidité qu'au moment où je la pénètre, elle échappe un
hurlement de plaisir.

 

 


Nous avons fait l'amour avec férocité, sur le planché de danse par mis
cette bande de ballot. Et ce matin, ce papier avec ce numéro de sept
chiffres... Et ce prénom... Les vacances sont terminées. Ce soir, je
retourne sur Europe, en orbite autour de Jupiter, à des années lumières de
la terre.
Après quelques heures, comme le sommeil ne cesse de me fuir, la curiosité
est trop forte. Je me lève et me dirige vers le vidéophone.
Je compose le numéro. Quelques secondes plus tard, une très belle femme
apparaît devant moi, une projection holographique : « Bonjour, d'ici
quelques instants vous vivrez les plus beaux moments de votre vie sur notre
ligne virtuelle interactive. Sans Tabous, vous garantit que tous vos
fantasmes se réaliseront... Et ce sans aucunes limites. Ce service vous
coûtera 500 crédits, pour un plaisir sécuritaire. Appuyez sur 6 pour
choisir votre partenaire, ou laissez-nous vous surprendre... »
Je reste là, la bouche grande ouverte, incapable de souffler mot...

Chevalier Errant