Créé pour la femme


À travers toutes les recherches que nous avons faites, nous nous sommes aperçus qu'il était primordial de considérer d'abord et avant tout les besoins spécifiques à la femme, chose qui,croyons-nous humblement, n'avait à ce jour jamais été accomplie de façon si habile. Pour cause, ces recherches nous ont amenées sur la voie d'illustres auteurs et auteures qui, par leurs ouvrages et leurs travaux sur le sujet, nous ont fait prendre conscience d'un réel besoin pour la femme d'un service comme le nôtre. En résumé, ce que nous avons retenu de nos lectures c'est la qualité des discours qu'ils tiennent, qui se veulent à la fois intelligents, pertinents et imprégnés de bon sens. Nous avons donc sélectionné pour vous les meilleurs extraits, ceux qui nous ont tracé la voie de Jouer avec le fantasme.
Bonne lecture!


Les fantasmes sexuels féminins


" Les fantasmes sexuels féminins méritent d'être traités séparément puisque, jusqu'au début des années 1970, la ligne de pensée officielle en psychologie et en psychiatrie était que seuls les hommes avaient des fantasmes sexuels. Des auteures comme Anaïs Nin, qui avaient traité spécifiquement de sexualité féminine, avaient été perçus jusque-là comme des exceptions à la règle.

Nancy Friday, auteure féministe très connue, fut une des premières à oser monter aux barricades pour contredire ce dogme. C'est avec My Secret Garden, qu'elle réussit finalement à faire publier en 1973 après s'être fait retourner son manuscrit par plusieurs éditeurs (et éditrices), qu'elle commença à soulever le coin du voile. Pour la première fois, les femmes allaient parler sans détour de leurs fantasmes et l'Amérique stupéfaite (incluant quantité de psychiatres et de psychanalystes qui commencèrent par crier à la fumisterie) allait devoir écouter.

Parmi les surprises qu'on aurait peut-être préféré ignorer, on découvrit que les femmes se considéraient comme des créatures libres qui pouvaient très bien " courir avec les loups ". Finie l'époque où elles étaient confinées au rôle d'objets de séduction extérieure ; elles adhéraient au rang de séductrices actives, avec tout ce que cela implique sur le plan des rôles sexuels, familiaux, sociaux et professionnels.

En 1991, elle bouclait la boucle avec Women on Top (L'Empire des femmes), un compte rendu très explicite de fantasmes sexuels recueillis auprès de centaines de femmes âgées de 16 à 62 ans. Ce livre s'adresse de façon plus spécifique à toute femme qui désire élargir ses horizons ou qui sent la nécessité de comparer ses propres fantasmes à ceux d'autres femmes. Souvent, le sentiment de honte ou de culpabilité ressenti tend à disparaître quand on découvre qu'ils ne nous sont pas exclusifs et que beaucoup d'autres personnes partagent les mêmes rêves que soi. "
Philippe E. Dantès, Stimuler ses fantasmes, Les Éditions Québécor, 1999

" La gamme des fantasmes sexuels courants est très vaste. Comme le dit le sexologue et médecin Charles Moser: " Peu importe combien délirants sont nos propres fantasmes, personne ne peut imaginer toute la gamme des fantasmes sexuels normaux. " Pourtant, le secret empêche souvent les êtres humains de découvrir combien leurs propres fantasmes sont courants."
Marty Klein, Vos secrets sexuels, Guy St-Jean - éditeur, 1992


" Un psychanalyste recueille les rêves de ses patients comme des pépites d'or. Il faudrait accorder à nos rêveries érotiques la même importance car elles sont la complexe résultante de ce que nous désirons consciemment et redoutons inconsciemment. Mieux les connaître revient à mieux nous connaître.
Telle la radiographie d'un os fracturé placée en pleine lumière, un fantasme révèle la ligne vitale du désir sexuel et pour nous, femmes, l'endroit où cette volonté d'être sexuellement active a été brisée par une peur ancienne et tenace, passée dans le domaine de l'inconscient. Enfants, nous craignons que le désir sexuel nous fasse perdre l'amour de la personne dont notre vie même dépend : la culpabilité, qui s'enracine ainsi très tôt et très profondément, grandit parce que nous ne voulons pourtant pas renoncer à cette émotion sexuelle. Ensuite, les fantasmes nous aident à surmonter le cycle peur/culpabilité/anxiété. Nous chargeons les personnages et les situations que nous imaginons de nos interdits les plus profonds et ainsi, par le pouvoir immense de l'esprit, nous faisons travailler pour notre propre compte l'interdit, ici et maintenant, juste un moment, de telle sorte que nous puissions atteindre l'orgasme et en être soulagées. "
Nancy Friday, L'Empire des femmes, Éditions Albin Michel, 1993


" Mais la plupart des femmes assument que la culpabilité existe, de même qu'on assume qu'une voiture de sport est dangereuse à conduire. Elles ont appris que la culpabilité vient " du dehors ", de leur mère, de l'Église, alors que la sexualité surgit " du dedans " et relève de leur seule responsabilité. La culpabilité, elle, peut donc être contrôlée, surmontée, et même canalisée pour se donner plus de plaisir encore "
Nancy Friday, L'Empire des femmes, Éditions Albin Michel, 1993

" Parce qu'elles savent désormais que leur imagination n'est pas une feuille de papier vierge sur laquelle leur inconscient vient impudemment gribouiller des messages érotiques, les femmes d'aujourd'hui voient dans leurs fantasmes une source de plaisir sexuel mais aussi d'informations précieuses sur leur histoire personnelle. Le fantasme, c'est le moment où nous apprenons tout de nous, depuis la prime enfance jusqu'au dernier acte impudique que nous commettons avant de fermer les yeux pour plonger dans le rêve. "
Nancy Friday, L'Empire des femmes, Éditions Albin Michel, 1993

" Même si les hommes sont généralement plus forts et plus grands, ils n'ont pas le monopole de la bravoure. Je ne sais pas où ces nouvelles séductrices dont on lira les témoignages ont appris à s'y exercer, mais si ce courage devient une part de leur moi assumée, elles pourront certainement le transmettre à leurs filles, et si les mères élèvent leurs filles dans l'idée qu'il est préférable de prendre l'initiative plutôt que d'attendre, nous pourrons sans doute voir l'avènement d'une nouvelle génération de femmes plus responsables de leur sexualité. Quand vos yeux se posent franchement sur l'homme que vous voulez, quand vous savez pourquoi vous le désirez, et quand vous acceptez le risque qu'il puisse vous rejeter, vous êtes déjà bien plus forte que celle qui attend d'être choisie comme un petit four sur un plateau. "
Nancy Friday, L'Empire des femmes, Éditions Albin Michel, 1993

" Réaliser son fantasme constituera parfois une véritable libération par une femme ; une façon de dire non une fois pour toutes aux carcans éducatifs qui empêchent de vivre. Son accomplissement marquera alors une étape positive sur le chemin de la libération individuelle. "
Jean-Yves Revault, L' imaginaire intime de la femme, Éditions Trois Fontaines, 1997

"... Si nous étions cet être libre et plein d'énergie - que nous aurions été sans les conditionnements faisant de nous un être apparent - quels seraient nos rêves, nos désirs, nos pulsions ? C' est bien ce que cherchent à exprimer les fantasmes..."
Jean-Yves Revault, L' imaginaire intime de la femme, Éditions Trois Fontaines, 1997

" ...mettez de côté vos inhibitions et laissez vos fantasmes évoluer par eux-mêmes. Vous apprendrez ainsi à mieux vous connaître et atteindrez de nouveaux sommets en matière d'épanouissement sexuel. "
Iris et Steven Finz, Secrets d'alcôve, L'univers des fantasmes érotiques, Éditions de l'homme, 1992

" En général, on finit par renoncer à trouver un partenaire parce que cruiser nous écoeure, parce que la musique dans les bars nous crève les tympans, et parce qu'on n'a plus envie de compromettre notre confort émotif. (...) " C'est à la personne de déterminer l'énergie qu'elle veut bien octroyer à l'expression de sa sexualité, explique Andrée Matteau, sexologue. Le désir est l'expression sensuelle de l'énergie vitale, mais il vient en dernier lieu, loin derrière l'alimentation et l'instinct de survie."
On peut donc décider de se passer de sexe parce que trouver un partenaire demande trop d'énergie. "
Johanne de Bellefeuille, magazine Clin d'oeil, mai 98

Mais par contre...


"Lorsqu'on compare la nature des fantasmes érotiques de l'homme et de la femme lors de leurs activités hétérosexuelles, on se rend compte que, parmi les sept fantasmes les plus populaires chez les hommes, cinq d'entre eux sont aussi les plus populaires chez les femmes....
Ainsi il semble que l'érotisme de l'homme et de la femme ont tendance à se rejoindre davantage au niveau de la vie fantasmatique que de la vie réelle."
Claude Crépault, tiré de La sexualité au Québec, Les Éditions IRIS, 1981