Nancy Friday, auteure féministe très connue, fut une des premières à oser monter aux barricades pour contredire ce dogme. C'est avec My Secret Garden, qu'elle réussit finalement à faire publier en 1973 après s'être fait retourner son manuscrit par plusieurs éditeurs (et éditrices), qu'elle commença à soulever le coin du voile. Pour la première fois, les femmes allaient parler sans détour de leurs fantasmes et l'Amérique stupéfaite (incluant quantité de psychiatres et de psychanalystes qui commencèrent par crier à la fumisterie) allait devoir écouter. Parmi les surprises qu'on aurait peut-être préféré ignorer, on découvrit que les femmes se considéraient comme des créatures libres qui pouvaient très bien " courir avec les loups ". Finie l'époque où elles étaient confinées au rôle d'objets de séduction extérieure ; elles adhéraient au rang de séductrices actives, avec tout ce que cela implique sur le plan des rôles sexuels, familiaux, sociaux et professionnels. En 1991, elle bouclait la boucle avec Women on Top (L'Empire
des femmes), un compte rendu très explicite de fantasmes
sexuels recueillis auprès de centaines de femmes âgées
de 16 à 62 ans. Ce livre s'adresse de façon plus
spécifique à toute femme qui désire élargir
ses horizons ou qui sent la nécessité de comparer
ses propres fantasmes à ceux d'autres femmes. Souvent,
le sentiment de honte ou de culpabilité ressenti tend
à disparaître quand on découvre qu'ils ne
nous sont pas exclusifs et que beaucoup d'autres personnes partagent
les mêmes rêves que soi. " " La gamme des fantasmes sexuels courants est très
vaste. Comme le dit le sexologue et médecin Charles Moser:
" Peu importe combien délirants sont nos propres
fantasmes, personne ne peut imaginer toute la gamme des fantasmes
sexuels normaux. " Pourtant, le secret empêche souvent
les êtres humains de découvrir combien leurs propres
fantasmes sont courants."
" Parce qu'elles savent désormais que leur imagination
n'est pas une feuille de papier vierge sur laquelle leur inconscient
vient impudemment gribouiller des messages érotiques,
les femmes d'aujourd'hui voient dans leurs fantasmes une source
de plaisir sexuel mais aussi d'informations précieuses
sur leur histoire personnelle. Le fantasme, c'est le moment
où nous apprenons tout de nous, depuis la prime enfance
jusqu'au dernier acte impudique que nous commettons avant de
fermer les yeux pour plonger dans le rêve. "
" Même si les hommes sont généralement
plus forts et plus grands, ils n'ont pas le monopole de la bravoure.
Je ne sais pas où ces nouvelles séductrices dont
on lira les témoignages ont appris à s'y exercer,
mais si ce courage devient une part de leur moi assumée,
elles pourront certainement le transmettre à leurs filles,
et si les mères élèvent leurs filles dans
l'idée qu'il est préférable de prendre
l'initiative plutôt que d'attendre, nous pourrons sans
doute voir l'avènement d'une nouvelle génération
de femmes plus responsables de leur sexualité. Quand
vos yeux se posent franchement sur l'homme que vous voulez,
quand vous savez pourquoi vous le désirez, et quand vous
acceptez le risque qu'il puisse vous rejeter, vous êtes
déjà bien plus forte que celle qui attend d'être
choisie comme un petit four sur un plateau. "
" Réaliser son fantasme constituera parfois une
véritable libération par une femme ; une façon
de dire non une fois pour toutes aux carcans éducatifs
qui empêchent de vivre. Son accomplissement marquera alors
une étape positive sur le chemin de la libération
individuelle. "
"... Si nous étions cet être libre et plein
d'énergie - que nous aurions été sans les
conditionnements faisant de nous un être apparent - quels
seraient nos rêves, nos désirs, nos pulsions ?
C' est bien ce que cherchent à exprimer les fantasmes..."
" ...mettez de côté vos inhibitions et laissez
vos fantasmes évoluer par eux-mêmes. Vous apprendrez
ainsi à mieux vous connaître et atteindrez de nouveaux
sommets en matière d'épanouissement sexuel. "
" En général, on finit par renoncer à
trouver un partenaire parce que cruiser nous écoeure,
parce que la musique dans les bars nous crève les tympans,
et parce qu'on n'a plus envie de compromettre notre confort
émotif. (...) " C'est à la personne de déterminer
l'énergie qu'elle veut bien octroyer à l'expression
de sa sexualité, explique Andrée Matteau, sexologue.
Le désir est l'expression sensuelle de l'énergie
vitale, mais il vient en dernier lieu, loin derrière
l'alimentation et l'instinct de survie."
Mais par contre... |